Fondateur en 2001 de La MJC, Michael Dupouy est un des fervents activistes de notre culture urbaine de cette dernière décennie. Aux côtés du label Ed Banger Records avec Cool Cats (maintenant Club 75) ou aux devants du Nike Stadium Paris, il a su faire collaborer par le biais de son image, de réelles entités comme Lacoste, Supra, Stussy, New balance,…
Créateur et éditeur du All Gone avec La MJC depuis 2006, cet ouvrage a toujours été considéré comme une bible répertoriant pour chaque année, les produits qui ont marqué notre street culture. Sept ans après la sortie du premier All Gone nous avons décidé d’en savoir plus sur la confection d’un tel ouvrage, et pour cela Michael Dupouy a accepté de répondre a quelques unes de nos questions.
Street Rules: Le All Gone est qualifié de véritable bible de la street culture, est-ce que tu peux simplement nous expliquer comment tu procèdes pour faire cette immense sélection?
Michael Dupouy: C’est une galère sans nom si je peux me permettre. Plus sérieusement, entre 2006 et 2012 cette culture-là, cette scène-là, a explosé, c’est-à-dire que les marques résonnent avec pour objectifs de créer des produits pour cette scène-là. Si tu remontes des années auparavant et même bien avant 2006, c’était cette scène-là qui s’attribuait les codes du sport et qui les amenait dans la rue. Aujourd’hui tu as des divisions créées chez les marques pour répondre à des produits à une scène donnée, donc ça démultiplie les sorties.
A partir de ça, mon rôle est devenu de plus en plus compliqué, parce qu’il y a tellement de choses qui sortent par jour, il suffit que pendant 48 heures, 3 jours je sois déconnecté du web et c’est dingue. Donc la sélection est de plus en plus en dure et clairement j’essaie de donner mes goûts, je me force pas de mettre en avant un produit plutôt qu’un autre, mais j’essaie que mes goûts soient fidèles à trois zones géographiques présentes avec des goûts vachement distincts : aux U.S, en Europe et en Asie on aime vraiment pas toujours les mêmes choses et une Max 1 qui va faire fureur ici, elle aura aucun écho en Asie, certaines paires en Asie n’auront pas le même écho aux U.S, etc… J’essaie donc de satisfaire tout le monde, et quand je dis tout le monde ça inclut ces trois zones géographiques majeures et pas que le marché Européen, même si je suis Européen et que j’habite à Paris.
Après ça j’essaie d’avoir un équilibre pour qu’il n’y ait pas que des baskets dans le livre. Il faut qu’il y ait un bon équilibre entre des créations artistiques, figurines ou autres, des skateboards jusqu’aux tee-shirts pour avoir un vrai lien, qu’il soit pas trop full, que genre le mec soit pas monothéiste et ne parle que des baskets et encore plus des baskets de parisiens.
SR: Tu as des limites au niveau des produits que tu sélectionnes ?
MD: Non aucunes. J’ai vraiment envie d’avoir une sorte de nec plus ultra, une version premium de ce que cette scène a présenté, et si demain un créateur ou une de ces marques décident de faire une bagnole, il y’aura une bagnole dans le livre. C’est l’exemple le plus commun, je pourrais t’en citer pleins d’autres, c’est juste pour dire que j’ai plus de limites aux produits tant que cette scène grandit et est capable de s’approprier ces leaders avec un produit qui ne serait pas forcément à la base destiné au bouquin.
SR: Sur une année comment organises-tu ton travail autour de la sélection ?
MD: Sur une année, la production pure et dure ça concerne les quatre ou cinq derniers mois de l’année : faire les photos, les textes ou autres choses. Dénicher les produits, en réclamer, les faires livrer au bureau, savoir ce qu’il se passe, c’est au jour le jour. Maintenant j’essaie d’anticiper, je ne peux plus être dépendant, j’imprime début janvier, je ne peux pas être dépendant en décembre des dernières sorties. Il faut un minimum de boule de cristal pour anticiper, sinon après tu ne peux pas le sortir dans les temps. Le livre, il ne peut pas se permettre de sortir en mars, il ne peut sortir qu’en janvier et en mars il doit être déjà sold-out partout dans le monde, parce que si en avril, en juin, ou en août je te parle encore du passé, tu vas me dire j’en ai rien à foutre, je veux savoir ce qui sort après, et c’est ça qui est compliqué.
On a pris quelques photos de la présentation du All Gone 2012 samedi dernier chez Colette, histoire de voir a quoi ressemblait le résultat final.

































































































































































































