
Bon, qu’on se le dise, le rap en France est mort depuis belle lurette. Oui, belle lurette…
De nos jours quand on parle de rap c’est pour quoi? Pour parler de deux abrutis qui se clashent comme des gamines de 16 ans et qui en viennent même à insulter les daronnes? Putain mais arrêtez de casser les couilles, ce clash est tout sauf sérieux. Chacun peut facilement trouver l’autre, et si c’est vraiment la guerre entre eux, bah qu’ils se tapent et basta. Pourquoi chipoter? Bonne question… moi, j’appelle ça du buzz. Rien d’autre. Oui du buzz, ce mot préféré de Jean-Marc Morandini. De la Real TV. C’est dire le niveau…
A l’époque, Joey Starr passait son temps à clasher Doc Gynéco. Oui, Doc Gynéco, le zouave pro UMP que tu connais était un vrai de chez vrai à l’époque du Secteur Ä et auteur d’un des meilleurs albums de rap français de tous les temps « Première Consultation », ceux qui ont plus de 30 piges me comprendront. Bah Gynéco répondait à peine à ses clashes, mais un soir quand il l’a croisé à la sortie d’une boite sur Paris, bah il l’a démonté. Il l’a violemment démonté, une mise à l’amende aussi sèche que brutale, et Joey a une fois pour toutes fermé sa gueule. Fin de l’histoire.
Bref, j’ai commencé à écrire cet article à la suite de ce que j’ai vu hier soir sur la chaine France O, à savoir le concert anniversaire des 30 ans du hip-hop.

Bon déjà, passer ce concert sur cette chaine est assez révélateur de la place qu’occupe (et qu’occupera toujours, car un con reste un con…) le rap français dans la télé française. Pourquoi ce concert n’a pas été diffusé dans une chaine à exposition plus importante? France 2 par exemple hein? Le rap sera toujours, malgré les ventes de disques astronomiques, malgré les concerts affichant toujours complets, malgré les artistes à la plume poétique (OXMO, je te vois) considéré comme une sous-culture.
Dans son livre d’entretiens avec Pascal BONIFACE « Don’t Panik », Médine le dit parfaitement bien: »Comment expliquer qu’une musique comme le rap, qui est une musique à textes, puisse être taxée de « sous-culture d’analphabètes » et en même temps exhorter à la connaissance et au savoir? »
Sous-culture diffusée sur une sous-chaine. CQFD.
Et quand je vois le concert d’hier, bah ouais ça me fait peur. Ca me fait super peur quoi.
Certes, OXMO, Secteur Ä, Cut Killer ça fait plaisir, mais Mister You, Sexion D’Assaut, Kenza Farah et, cerise sur le gateau: Zaho. Putain ZAHO… Zaho s’il te plait. Comment oses-tu mettre sur la même affiche OXMO PUCCINO et ZAHO? C’est qui Zaho? C’est quoi? Elle fait du rap? Elle fait du hip-hop?
Mais va chier, quel est l’abruti de programmateur? Encore un génie sorti de sa grande école qui croit tout savoir car il a fait un stage à EMI grâce aux relations de papa? Putain de merde… Quelle preuve plus parlante que ces « décideurs » ne connaissent rien au terrain hein? Cite moi un, un seul amateur de rap qui accepterait de payer pour voir un concert de Zaho. Mais va te faire bouillir toi, l’ignare qui a décidé de cette présence. C’est pathétique, risible, naze.
Ca me fait penser à ce grand moment de honte, ce moment insultant quand MANAU a reçu la Victoire de la Musique du meilleur album rap ou groove de l’année en 1999. Du rap celtique, à la cornemuse, meilleur album rap!?!? Mais putain, si le rap avait des hémorroïdes, il s’appellerait MANAU. Alors oui, on va me dire qu’ils ont vendu 1,7 millions d’albums de « Panique Celtique », et alors? Depuis quand les ventes représentent la qualité et l’essence même de l’art qu’on est censé représenter? Si c’était vraiment le cas, Rika ZARAÏ aurait eu le Goncourt tous les ans grâce à ses livres sur la médecine naturelle…
Bref, inutile de compter sur les grand médias pour représenter vraiment ce qu’est le hip-hop car si c’était le cas, le Battle Of The Year (par exemple) serait diffusé en direct et en prime time sur des grandes chaines publiques. Il faut se tourner sur les crews locaux qui se bougent pour organiser de bons events hip-hop, dans leurs petites salles avec le peu de moyens qu’ils ont (BoomBap Crew par exemple…). En somme, inutile de s’ouvrir à ceux qui ne veulent pas s’ouvrir. Se refermer sur nous-même. Gardons pour nous ce trésor, ce gâteau dont ils ne veulent pas la plus belle part. C’est triste à dire mais c’est comme ça, c’est peine perdue, gardons cette « sous-culture » pour nous et laissons les se pignoler sur Zaho…