Le blog de THE YELLOW KID, c’est un peu mon moment de bonheur préféré sur la toile (après YouPorn biensûr).

Que ce soit ses éditos de fin de semaine, ses « fusion », ses chroniques pour clasher ou encenser un produit, tout me fait tripper, délirer, et je suis loin d’être le seul fan déclaré car que ce soit sur son blog ou via ses tweets, chacune de ses sorties fait mouche auprès de nombreux visiteurs qui font de son blog une putain de référence.
Parmi les -nombreuses- addictions du gusse se trouvent les sneakers. Il est complètement fan, et ça ne date pas d’hier. Ni d’avant-hier.
J’ai donc laissé carte blanche à YELLOW KID et à sa plume aiguisée pour laisser couler son flow nourri d’anecdotes toujours aussi fraîches sur ses 5 sneakers préférées…
5. Nike Air Tech Challenge yellow

Mon premier amour. Il y a eu d’autres paires, mais la Air Tech reste celle qui m’a le plus marqué, celle par qui tout a commencé. J’ai gardé la languette dans un tiroir pendant des années, bien après les avoir jetées à la poubelle, comme un talisman. A cette époque mon père allait aux Etats-Unis chaque été, et chaque fois qu’il revenait, tu pouvais être sûr que je me jetais sur sa valise pour voir ce qu’il me rapportait. En général, le butin comprenait quelques snapbacks, des T-Shirts et une paire qui devait me faire toute l’année scolaire. Et tant pis pour ma gueule si ma croissance accélérait sans prévenir. Je n’ai jamais kiffé le tennis mais je suivais Agassi, j’aimais son attitude, son style, Nike sortait des modèles de fous pour lui. A cause d’Agassi, on mettait tous des cyclistes fluo pour faire du sport, sans hésiter une seconde… Dans la cour, des gars avait les Air Tech violettes mais personne n’avait les jaunes. Elles étaient plus flashy qu’un radar automatique au bord du périph’, je sentais les regards insistants dans la rue. Un jour, un mec de 30 piges est venu me voir pour me dire « Petit, tes Agassi tuent, mes potes et moi on te respecte grave », et j’ai coulé définitivement dans le game. A ce jour, mon père nie encore être à l’origine de ma passion mais comme on dit, « les erreurs de nos pères sont les prisons de nos fils ». Et ma prison a des coussins d’air.
4. Nike Air Huarache LE white/grey

La première paire qui m’a coûté un bras. Enfin, qui a coûté un bras à la meuf avec qui je « flirtais » à l’époque. 200 euros, c’était inconcevable pour moi (les choses ont bien changé depuis). Tu allais chez Foot Locker et il y avait des VII french blue à –50% dans toutes les tailles, elles restaient là pendant des mois. Sans être un acharné, tu pouvais toucher n’importe quelle paire au prix retail voire moins, sans trop forcer. Alors mettre 200 euros quand tu es étudiant… J’ai toujours adoré les Huarache, le shape est dingue, elles sont ultra confortables, tu peux les porter avec n’importe quoi. Un jour je suis avec cette meuf, on rentre dans un skateshop par hasard et je vois la paire, perdue au fond de la boutique. Récupérée au Japon, une seule taille disponible, la mienne forcément. Coup de foudre immédiat, jusqu’à ce que le prix rende notre histoire impossible. J’ai dû faire une tête de Chat Botté qui apprend que sa famille a été décimée parce que mon plan a proposé de me les offrir. Elle était plus vieille que moi, avait un bon job et voulait me faire plaisir. C’est l’une des seules fois de ma vie où je n’ai pas hésité une seconde, j’ai accepté immédiatement. Au moment de passer en caisse, le vendeur me regarde avec jalousie et me dit « Elle est gentille ta copine ». Ce à quoi j’ai répondu « T’imagines même pas, parce qu’en plus c’est pas ma copine ». J’ai trimé pendant des jours à cause de cette réflexion débile et de ce sursaut d’orgueil inutile, mais chaque fois que je sentais l’odeur du cuir des Huarache, je me disais que ça en valait la peine.
3. Jordan VIII aqua

Idem, l’âge d’or où le daron ramenait un bout d’Amérique chaque été, le début des années 90 dans toute sa splendeur. Après les Air Tech, j’ai eu les VII bordeaux et les VIII aqua. Grand chelem. Le choix entre les deux est difficile, chacune représente quelque chose de différent pour moi. Mais les VIII l’emportent à cause des scratch et du coloris qui m’a littéralement tétanisé la première fois que j’ai ouvert la boîte. Et aussi parce que la réédition des bordeaux a un peu abîmé le tableau parfait que je gardais en tête, malheureusement. Les aqua ont longtemps été mon Graal, que je cherchais frénétiquement à racheter, sans grand espoir. Et puis en 2007, mes prières ont été entendues, et on me les a offertes à Noël. Depuis j’ai racheté 2 paires, et malgré des inconvénients certains (nubuck qui se salit super vite, scratchs qui font leur vie quand tu marches, paire plutôt lourde qui tient chaud, peinture qui s’écaille immédiatement), les aqua restent l’une des paires qui m’a le plus marqué. Et il y a de très fortes chances pour que je rachète encore une paire en 2013 (sauf si la toebox a une forme de sabot, faut pas déconner non plus).
2. Air Max 1 OG red

Encore Tinker Hatfield, notre père à tous. La base de tout, le classique indémodable que je pourrais porter tous les jours, celui vers lequel on revient inévitablement. Entre les coloris OG, les collab (rien que les Atmos et les Patta suffiraient), les variantes hyperfuse / premium / EM / safari / ajoute ce que tu veux, les nouveaux coloris et les modèles vintages, impossible de ne pas envisager de monter un braquo pour tout acheter. Et impossible de ne retenir qu’un seul modèle, alors autant ne pas prendre de risque et rendre hommage à l’original. Un peu comme les Air Force 1, la AM1 me fait penser aux Golf III, qui semblaient optimisées pour le tunning (léger hein, pas à la Confessions Intimes) : un support mis à la disposition de tous, sans cesse réinventé. Si demain la France change d’hymne national et impose une tenue réglementaire, tu peux être sûr que ce sont les Air Max 1 qu’on gardera. Avec un jeans Levi’s, forcément.
1. Jordan VI black infrared

LA paire. Pour le premier titre de Michael Jordan, pour le design parfait inspiré par Porsche, pour le traumatisme qu’elle nous a infligé à l‘époque. Il y a les I pour la légende, les III pour l’elephant print et le concours de dunk, les IV pour Spike Lee et les V pour le Prince de Bel-Air mais pour moi, la paire définitive, ça reste les VI. Je crois que c’est celle qui cristallise le mieux toute la frustration qu’on a pu ressentir dans notre jeunesse. Cette fameuse frustration dont on parle chaque fois qu’on tente de justifier les dizaines de paires qu’on achète maintenant qu’on a un job et qu’on demande plus rien à nos parents. Cette même frustration qui nous faisait voler les lacelocks rouges à Décathlon pour les mettre sur des Adidas Torsion fracassées. L’autre fois je parlais avec mon cousin, il a 35 ans et ne vit que pour ses survêtements et ses Air Max 97. Le seul modèle de Jordan qu’il connaît et qu’il pourrait racheter, c’est les VI infrared, « la Jordan noire avec la bulle rouge et les trous sur la languette ». Tous ceux qui ne sont pas dans le game mais qui ont été ado dans les 90’s aiment cette paire. C’est notre madeleine de Proust, au même titre que la Super Nintendo ou Saint Seiya. Quand j’ai acheté le pack infrared il y a 2 ans, j’ai revendu ma paire de varsity à un très bon pote. Il l’a mise à son pied, j’ai vu son regard changer, et d’un coup on était en 1991 en train de faire des canulars téléphoniques et de fantasmer sur la Neo Geo. Dit comme ça, ça peut paraître débile pour la majeure partie des gens mais pour moi, c’est ça que représente cette paire. C’est pour ça que je suis tombé dans le sneakergame.
