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Le lexique du streetwear : les mots à connaître avant d’acheter

Photo de cottonbro studio sur Pexels

Le vocabulaire du streetwear est un mélange d’anglais, de jargon de revente et de termes hérités du skate et du graffiti. Il sert autant à décrire qu’à filtrer, et ne pas le maîtriser coûte de l’argent : la plupart des mauvaises affaires viennent d’une annonce mal comprise.

Personne cagoulée taguant un pilier de béton à la bombe
Un vocabulaire hérité du skate, du graffiti et de la revente.

Les mots de la sortie

Drop. La mise en vente d’une pièce ou d’une collection à une date et une heure annoncées. Le terme implique une quantité limitée et une durée courte, par opposition à un produit permanent.

Restock. Un réapprovisionnement d’une pièce déjà sortie. Un restock fait généralement chuter la valeur de revente, puisqu’il augmente l’offre sur un produit qui était rare.

Raffle. Un tirage au sort pour accéder à l’achat d’une pièce très demandée. On s’inscrit, et seuls les gagnants peuvent acheter. C’est le mode de distribution standard des sorties les plus convoitées.

Capsule. Une collection courte, souvent thématique ou issue d’une collaboration, distincte de la collection principale de la marque.

Collab. Une collaboration entre deux marques, ou entre une marque et une personnalité. C’est le moteur principal de la désirabilité dans le streetwear contemporain, et le principal facteur de valeur en revente.

Les mots de la revente

Resell. La revente d’une pièce achetée au prix de détail, à un prix supérieur, sur le marché secondaire. Un reseller est celui qui en fait une activité, ce qui suppose de savoir quand une paire va perdre de la valeur.

Deadstock, ou DS. Une pièce jamais portée, dans son état d’origine. VNDS, pour very near deadstock, désigne une pièce portée une ou deux fois et pratiquement neuve. Ces deux mentions sont les plus abusées des annonces : exigez des photos de la semelle et de l’intérieur.

Grail. La pièce qu’un collectionneur cherche depuis longtemps, souvent difficile à trouver ou hors de prix. Le terme est subjectif et propre à chacun.

Cop ou pass. Acheter ou laisser passer. Employé comme verdict rapide sur une sortie.

Legit check. La vérification de l’authenticité d’une pièce, par des détails de construction, d’étiquette et de finition. Sur les pièces recherchées, c’est un réflexe et pas une paranoïa.

Personne assise devant un graffiti jaune de grande taille
Deadstock et VNDS sont les deux mentions les plus abusées des annonces.

Les mots du produit

Colorway. Le coloris d’un modèle. Un même modèle existe en de nombreux colorways, dont certains valent beaucoup plus que d’autres.

OG. Original, au sens de la première version d’un modèle, par opposition aux rééditions. Une rétro est une réédition d’un modèle ancien.

GR, ou general release. Une sortie générale, largement distribuée, par opposition à une sortie limitée. Un QS, quickstrike, désigne au contraire une sortie restreinte à quelques revendeurs.

Bootleg. Une pièce non officielle qui détourne un logo ou un design existant, souvent de façon assumée et créative. À distinguer de la contrefaçon, qui cherche à se faire passer pour l’original, et de la dupe, une imitation qui ne revendique pas la marque.

Boxy. Une coupe carrée, large et courte, construite comme telle dans le patronage. À ne pas confondre avec un vêtement simplement pris deux tailles au-dessus, distinction que nous détaillons dans notre article sur les volumes selon la morphologie.

Les mots des styles

Techwear. Un style fondé sur des matières techniques, des coupes fonctionnelles et une palette sombre, emprunté à l’équipement outdoor et militaire.

Gorpcore. L’adoption en ville de vêtements de randonnée, doudounes, coupe-vent, chaussures de trail, avec leurs couleurs et leurs logos d’origine assumés.

Workwear. Le vestiaire de travail détourné : toile épaisse, vestes de chantier, pantalons à poches marteau, coupes larges.

Blokecore. L’usage en ville de maillots de football rétro associés à du denim et à des sneakers de terrasse.

Hypebeast. Terme désignant celui qui achète en fonction du buzz plutôt que du goût. Employé le plus souvent de façon péjorative, parfois revendiqué. Le terme vient du média en ligne du même nom.

Skateur assis devant une fresque murale, planches posées à côté
Techwear, gorpcore, workwear : trois vestiaires empruntés à l’usage.

Les mots venus du graffiti et du skate

Tag. La signature d’un graffeur, sa forme la plus rapide et la plus élémentaire. Un throw-up est une version plus grande en deux couleurs, une fresque une pièce élaborée et généralement autorisée.

Deck. La planche de skate seule, sans les trucks ni les roues. Le vocabulaire du skate irrigue le streetwear depuis les années quatre-vingt-dix, et une bonne partie des marques historiques du secteur en viennent directement, à commencer par Palace Skateboards.

Ces deux univers expliquent une partie des codes visuels du streetwear actuel, des typographies aux coupes larges, et c’est aussi pour cela qu’on retrouve autant de pièces issues de ces scènes sur le marché de la seconde main.

Personne debout dans un bâtiment abandonné couvert de graffitis
Le graffiti et le skate irriguent les codes visuels du streetwear.

Ce qu’il faut retenir

  • Drop, raffle, restock : les trois mots qui décrivent la rareté d’une sortie.
  • Deadstock et VNDS se vérifient en photo, jamais sur parole.
  • Bootleg détourne, contrefaçon trompe, dupe imite sans revendiquer.
  • Boxy est une coupe construite, pas une taille au-dessus.
  • Techwear, gorpcore, workwear : trois vestiaires fonctionnels détournés.

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